Dimanche 9 mars 2008 7 09 /03 /2008 08:56

OCCITANIE LE DEBAT CONTINUE


Le futur traité européen, destiné à remplacer la constitution européenne rejetée en 2005, est en cours de rédaction. Il sera soumis pour ratification aux parlementaires français (députés et sénateurs) très prochainement, avant la fin 2007 en tout cas. Parmi tous les aspects inquiétants de ce traité, figure la référence aux «minorités nationales», voulue notamment par l'Allemagne. Le texte ci-dessous a été envoyé en juillet à chaque parlementaire pour alerter sur les dangers du texte qui sera soumis. Nous désirons qu'un débat citoyen ait lieu sur cette question.

Madame la députée, Monsieur le député,
Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur,

Dans quelques mois, vous aurez à vous prononcer sur le traité européen qu'aura rédigé une conférence intergouvernementale.

Ce traité, qui donnera la personnalité juridique à l' « Union européenne » (UE), établira la supériorité du droit européen même dérivé sur le droit national même constitutionnel, généralisera les votes à la majorité, créera la présidence personnalisée du Conseil européen ainsi que la fonction correspondant à un ministre des Affaires étrangères de l'UE, marquera donc sans ambiguïté l'entrée de la France dans un système fédéral et l'abandon du principe de la souveraineté nationale.

En tant que citoyens français, militants ou anciens militants de partis politiques qui plaçent ou plaçaient la souveraineté nationale au coeur de leur projet, attachés que nous sommes à l'héritage politique du gaullisme, nous réprouvons cette orientation dont nous avions cru comprendre que le peuple français l'avait refusée le 29 mai 2005.

Vivant en Alsace, région évidemment symbolique de la relation franco-allemande, laquelle est le premier moteur de la construction européenne, si nous prenons l'initiative de nous adresser aux parlementaires, c'est moins pour revenir sur les termes d'un débat qui vous sont connus, que pour attirer votre attention sur les conséquences d'un article du futur traité. Cet article serait celui renvoyant à la « Charte des droits fondamentaux de l'UE », dont les dispositions deviendraient alors juridiquement contraignantes pour la France.

La novation essentielle que cette charte introduirait dans le droit positif français, lequel ignorait jusqu'à présent cette catégorie juridique, serait celle de « minorité nationale ». En effet, l'article 21 de cette charte, relatif à la non-discrimination, mentionne explicitement « l'appartenance à une minorité nationale », tandis que l'article 22 stipule que « l'Union respecte la diversité culturelle, religieuse et linguistique ». Nous croyons fermement que là se trouvent les conditions d'attribution de « droits collectifs » à des requérants qui se prévaudraient de cette charte, soit devant la Cour de Luxembourg (CJCE), soit devant la Cour de Strasbourg (CEDH), pour briser l'unité de la République.

Pour bien comprendre cette question, il faut en connaître l'origine. Pour nous, et pour tout observateur informé, cette origine est évidemment l'Allemagne. Remarquons tout d'abord la sobriété, dans le droit fil de 1789, avec laquelle est traitée la non-discrimination dans la Constitution française (art. 1) : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

En revanche, pour exprimer, en principe, le même refus des discriminations, les textes européens (Convention européenne des droits de l'homme (art. 14), Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, Traité d'Amsterdam (art. 13), Charte des droits fondamentaux de l'UE) font appel aux concepts de « minorité nationale » et « d'origine(s) ethnique(s) », concepts liés le cas échéant. (Il n'est pas besoin de souligner qu'ethnie et race ne sont pas synonymes.) Ces deux concepts ont jusqu'à présent été inconnus du droit de la République, lequel ne connaît que la distinction entre Français et étrangers et refuse toute reconnaissance de « droits collectifs » à quelque fraction des citoyens que ce soit et toute distinction juridique à caractère ethniciste. En revanche, la conception traditionnelle allemande, implicite sinon explicite, de la citoyenneté accueille ces catégories, reliant la nation à « l'ethnie » et les a imposées progressivement aux textes européens.

(Précisons bien que lorsqu'il est question de l'Allemagne, ce n'est évidemment pas à son peuple que nous pensons, lequel ne se soucie pas de ces questions et doit demeurer à jamais l'ami du peuple français ; c'est des dirigeants et des milieux d'influence qui agissent en son nom dont il s'agit. Du reste, il n'y a pas que pour la démocratie allemande et sur ces questions que cette distinction est pertinente...)

Mais pourquoi l'Allemagne insiste-t-elle autant - ainsi la chancelière A. Merkel lors du dernier Conseil européen de Bruxelles - pour que la charte acquière une valeur juridique contraignante ?

Remarquons tout d'abord que le Royaume-Uni s'est exempté prudemment des contraintes de cette charte. On dira sans doute que c'est en raison de considérations liées au droit du travail ; nous croyons quant à nous que les négociateurs britanniques ont évidemment pensé à l'Ecosse, au Pays de Galles et à l'Irlande du Nord.

Donnons ensuite deux citations qui nous paraissent refléter ce que veut l'Allemagne. Klaus Kinkel, alors ministre (CDU-CSU) des Affaires étrangères, parlait en 1993 d' « accomplir quelque chose en quoi nous avons échoué à deux reprises et qui est, en harmonie avec nos voisins, de trouver le rôle correspondant à nos souhaits et à notre potentiel »1. Quant à Joseph (Joschka) Fischer, son futur successeur (SPD-Verts), il se demandait en 1995 si l'Allemagne allait « enfin obtenir ce que le monde lui a refusé au cours des deux dernières guerres mondiales, c'est-à-dire une sorte d'hégémonie douce sur l'Europe, résultat de son poids, de sa position géographique, de sa puissance industrielle »2, avant de lancer en mai 2000 l'idée d'un traité constitutionnel. On pourrait du reste aisément multiplier de telles citations. Pense-t-on qu'une ambition aussi clairement affirmée, aussi partagée sur l'échiquier politique allemand, venue d'aussi loin, soit contingente et passagère, ou traduit-elle au contraire une constante fondamentale de la géopolitique allemande ?

Or, il manquait à cette ambition, jusqu'à présent, un instrument juridique adéquat. Le traité européen en préparation serait cet instrument.
La combinaison des catégories de « minorité » ''nationale'' ou ''ethnique'' ou ''linguistique'', de saisine directe par des particuliers des deux Cours européennes aux jurisprudences si résolument fédéralistes, ainsi que la supériorité du droit européen sur les droits nationaux (qui sera établie dans le traité par le biais des jurisprudences de la Cour de Luxembourg)3, forgerait le dispositif de morcellement de la France, de l'Italie, des Etats au fédéralisme conflictuel (Espagne, Belgique), et des Etats à « minorités » (Pologne, République tchèque, Etats balkaniques et de l'Europe orientale) vers « l'Europe des Régions », à base ethno-linguistique.

Ainsi l'Allemagne pourrait-elle travailler à s'augmenter de ces « minorités allemandes » à ses frontières qui, croit-elle, lui sont liées par l'Histoire, la langue et, fondamentalement, par « l'ethnie ». De cette évolution, qu'appellent de leurs voeux les associations non gouvernementales pangermanistes qui gravitent dans l'ombre autour du Conseil de l'Europe et de toutes les institutions fédérales bruxelloises ou strasbourgeoises, sortirait une suite fatale de conflits frontaliers. C'est cette sinistre boîte de Pandore qu'ouvriraient nos parlementaires en ratifiant en l'état le traité.

Pour la France, outre à sa prétendue « minorité allemande » en Alsace-Moselle de certains atlas « ethno-linguistiques » d'outre-Rhin, les revendications d'abord culturelles et linguistiques puis politiques, adroitement attisées, flattant démagogiquement les tentations identitaires, ne manqueraient pas de s'étendre aux Corses, Catalans, Occitans, Basques, Bretons et à ses collectivités d'outre-mer où l'on voit déjà, en Nouvelle-Calédonie et Polynésie, les prémisses des indépendances.

On nous objectera sans doute que ce sont là des fantasmes. Le géographe Paul Vidal de la Blache écrivait dans la préface de La France de l'Est (Lorraine-Alsace) : « A chaque date critique (...), des avertissements partent de cette frontière. C'est comme un de ces observatoires naturels embrassant un vaste horizon, d'où l'on voit se former et venir de loin les orages. » Regardons donc la situation dans le laboratoire alsacien-mosellan de cette évolution.

Nous avons sous nos yeux en Alsace les progrès d'un dispositif qui n'attend que le traité pour paraître au grand jour. La Région Alsace expérimente la gestion directe, sans intervention de l'Etat, des fonds structurels dispensés par la Commission européenne (Interreg et autres). Son président, qui est aussi celui de l' « Association des Régions d'Europe » peut voir là sans doute une préfiguration de l'« Europe des Régions », (capitale : Bruxelles). Les « eurodistricts » transfrontaliers (pour Strasbourg, Colmar, Mulhouse avec les communes allemandes ou suisses voisines), les « eurorégions » (SarLorLux, Pamina, Alsace-Pays de Bade, Régio TriRhena), le « Conseil rhénan » (esquisse de parlement transfrontalier), tous les embryons d'institutions transnationales sont là qui n'attendent que les instruments juridiques. Il s'y ajoute les instruments culturels dont le bilinguisme français/allemand qui s'imposerait grâce à des associations ad hoc et qui joue sur l'ambiguïté consistant à faire croire, à Paris surtout, que l'allemand est la forme écrite du dialecte alsacien et que les Alsaciens sont bilingues, contre-vérités évidentes, lesquelles n'auraient pour finalité que de germaniser l'Alsace sans franciser, bien entendu, sinon de façon anecdotique, le Pays de Bade voisin.

Voici un fait symbolique des rapports franco-allemands concrets à l'aune du fédéralisme. Depuis plus de deux ans, l'Allemagne a imposé un péage (taxe LKW) aux camions sur ses autoroutes, sans concertation avec la France et sans exemption pour l'axe Bâle-Karlsruhe, l'un des plus fréquentés d'Europe pour le transport de marchandises. Pour échapper à la taxe, les camions empruntent, sans surprise, l'axe gratuit Nord-Sud de l'Alsace qui n'est que très partiellement autoroutier. Il en résulte, autour de Strasbourg notamment, une inflation massive de la circulation avec détérioration du réseau, paralysie quotidienne du trafic et accidents. A cette décision unilatérale de l'Allemagne, la France n'a opposé à ce jour qu'une gesticulation sans effet, « l'amendement Bur ». Dans le « couple » franco-allemand, ce n'est pas, au moins ici, la « parité » qui règne mais le sans-gêne.

Mesdames, Messieurs les parlementaires, on entend souvent dire que l'élection présidentielle et les élections législatives de cette année doivent tenir lieu de référendum sur l'Europe, le président de la République et les députés ayant reçu un mandat universel. Or cela n'est pas juste. Le président avait promis aux Français de ne pas leur réimposer la « Constitution européenne » ; mais il veut leur imposer par voie parlementaire le traité qui est la Constitution sans le nom. Quant aux députés, tant à l'UMP qu'au PS, leurs professions de foi ne mentionnaient pas, ou très allusivement, la question européenne. Par conséquent, c'est bien sans mandat impératif et librement que les députés comme les sénateurs auront à se prononcer sur le traité, puisque le référendum semble malheureusement écarté. Ils peuvent ainsi exercer leur droit d'amendement s'ils ne veulent pas, comme c'est hélas ! probable, le rejeter en bloc.

Ainsi, les parlementaires peuvent, à l'instar du Royaume-Uni, dispenser de l'applicabilité de la Charte des droits fondamentaux de l'UE la France, où les droits de l'homme et les relations sociales n'en ont nul besoin. Combien intéressante serait alors l'expérience qui montrerait ce que l'Allemagne attend vraiment de « l'Europe » !

Intervenant ces jours-ci sur le « blog » de V. Giscard d'Estaing, l'un de nous se vit répondre par l'ancien président que nos craintes quant à la menace de démantèlement de notre E tat nation étaient infondées, notre droit national nous en mettant à l'abri ; que tout cela avait été réfléchi par la Convention qu'il présidait, pour faire droit aux craintes de l'Espagne notamment, ou à la question des « Hongrois » de Roumanie. Hélas ! Pour ce qui est de l'Espagne, en effet, les craintes sont légitimes mais tardives : la Catalogne ou le Pays Basque n'en font plus partie que du bout des lèvres. Doit-on voir là une préfiguration du destin de l'Alsace ou de la Corse ? Pour ce qui est de la Roumanie et de ses « Hongrois », on ne craindra en effet jamais assez d'introduire, à l'exemple de cette situation, la catégorie de « minorité nationale » en France. Nous l'avons dit plus haut, la supériorité du droit de l'UE sur les droits nationaux rendrait sans portée les dispositions constitutionnelles opposées aux revendications régionalistes, autonomistes ou indépendantistes.

Il y a une autre voie pour l'avenir du continent européen et nous sommes convaincus, quel que soit le traité qui s'appliquera l'an prochain, qu'elle s'imposera un jour. Ce sera l'Europe confédérale des E tats nations préservés, des coopérations inter-étatiques et des compétences déléguées, incluant la Fédération de Russie qui contribuera à l'indépendance et à la sécurité du continent, face aux tentations allemandes et aux visées hégémoniques de la « nation primordiale » atlantique, chère au président de la République.

Mesdames, Messieurs les parlementaires, jamais depuis qu'existent en France des assemblées politiques délibérantes, le vote des vôtres, celle représentant son peuple et celle représentant ses collectivités territoriales, n'aura eu une telle importance. Dire oui au traité fédéral, c'est renoncer à la souveraineté et à l'indépendance nationales. Dire oui à la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, c'est ouvrir la carrière aux forces centrifuges qui amoindriront la France. Les générations futures auront, un jour, à juger ce vote que chacun de vous fera librement et en conscience, au rendez-vous de la République et de l'Histoire de France.

Nous vous prions d'agréer nos respectueuses salutations.
J. Kotoujansky - H. Brochart - J. Buchmann

Notes :

1 Frankfurter Allgemeine Zeitung, 19-3-1993.
2 Risiko Deutschland, 1995
3 Cf art. I-6 du projet de Constitution européenne : « (...) le droit adopté par les institutions de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées à celle-ci, prim(e) le droit des États membres. »

Par Ermite - Publié dans : Politique
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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 10:48


 

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Le Parti nationaliste occitan plus couramment appelé aujourd'hui Parti de la nation occitane (PNO) a été créé en 1959 à Nice par François Fontan qui a écrit en autres Ethnisme, La Clef.
Parmi ses partisans, le plus connu est l'artiste Ben Vautier qui a consacré une site à l'[Ethnisme. La devise sur le logo du PNO est "Pour une Occitanie fédérale et démocratique". Il possédait une section dans les vallées occitanes du Piémont, le Mouvement autonomiste occitan, Mouviment Autounoumisto Oucitan (MAO) (en langue occitane). François Fontan s'y étant exilé en 1963 pour ses prises de position sur l'Algérie indépendante pendant la guerre d'Algérie, notamment pour son soutien public et son aide au FLN et à cause la répression policière française qui s'en est suivi.

Le mouvement linguistique et culturel important qu’il fonde à Fraisse en val Varacha, Frassino en valle Varaitalangue d'Oc ou Occitan des vallées occitanes du Piémont est officiellement reconnue par l'article 2 de la constitution italienne, par l'adoption en 1999 de la loi italienne n°482 sur les normes en matière de tutelle des minorités linguistiques et par la présence symbolique de l'hymne des Pays d'Oc, le Se Canta, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver de Turin en 2006. (en italien), réussit à forger l'identité occitane. Aujourd'hui, la

Ce parti regroupe depuis le départ des démocrates nationalistes occitans, de toute couleur politique. Il effectue deux réunions par an appelées Comités nationaux. Il se réunit dans chaque grande ville des Pays d'Oc, à Marseille, Nice, Montpellier, Toulouse, Agen, Bordeaux, à proximité de Vielha en Val d'Aran ou à Bagnols-sur-Cèze où se trouve le siège fédéral du parti, le Centre François-Fontan. Il est très actif, ses positions sur l'Europe ou le monde sont visibles à travers les communiqués de presse. Le Parti de la nation occitaneLo Lugarn Lou Lugar édité par les éditions du même nom. Ce parti a une importance relative dans les dynamiques linguistiques en Occitanie sous administration italienne, espagnole ou française. édite la revue trimestrielle

Il se présente comme un parti nationaliste modéré, démocratique et anti-fasciste. Il se détache des principaux autres mouvements politiques occitans qui soutiennent plus ou moins ouvertement le Parti socialiste, les Verts voire l'extrême gauche française.

Sa théorie principale se réfère à la théorie de l'ethnisme et de l'humanisme selon laquelle toutes les nations du monde sont constituées sur des bases linguistiques. C’est la langue qui détermine l’existence et les limites de la nation. Sa théorie se trouve dans sa forme originelle concentrée dans les écrits de François Fontan comme le plus connu Ethnisme. Pour un nationalisme humaniste en 1961 ou La Clef en 1998. Elle s'est modernisée à travers les écrits de la revue de Lo Lugarn Lou Lugar.

Son objectif primordial est la réalisation de l'indépendance politique, économique et culturelle de l'Occitanie, dans ses limites ethno-linguistiques (voir Carte de l'Occitanie Carte des Pays d'Oc), de Bayonne à Menton, de Chiomonte, Chaumont (en langue d'Oc du Piémont) à Libourne et de Montluçon et Romans à Vielha et Leucate. Le PNO se déclare favorable à une organisation fédérale des Pays d'Oc en République fédérale et démocratique occitane qui permette aux collectivités régionales de s’exprimer dans un cadre légal. À l’extérieur, il demande que la nation occitane soit membre à part entière de la fédération européenne en construction.

Partit nacionalista occitan, Parti nationaliste occitan est le nom historique, aujourd'hui plus couramment appelé Partit de la nacion occitana, Parti de la nation occitane.





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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /2008 10:41

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François Fontans est né en 1929 une famille d’origine gasconne. La maison de famille de Fontan se trouve à Roquefort-sur-Garonne à l’Ouest de Muret.
Son père, Fernand, travaillait dans les chemins de fer, ce qui a permis à son fils de voyager fréquemment. Sa mère, Louise, née De Cours d’Entras était d’une lignée de nobles gascons ruinés. Il meurt en 1979 à l'âge de 50 ans, à la suite d'une attaque cérébrale, à Cuneo, dans le Piémont occitan, Italie.

 
Formation politique

Il a suivi l’Ecole des Langues Orientales à Paris, et l’Institut d'études politiques à Toulouse. Né dans une famille monarchiste il s’engage en politique pour la première fois dans le Mouvement Socialiste Monarchiste vers ses quinze ans, mais il a vite abandonné le monarchisme pour adhérer aux idées anarchistes. Il les quitte ensuite pour soutenir les trotskistes du groupe Socialisme ou Barbarie. Il déménage à Nice où il a de la famille, et il fréquente un temps le Parti communiste français (PCF) qui le choque pour son stalinisme et choisit la Nouvelle Gauche qui fut une des branches fondatrices du Parti Socialiste Unifié (PSU).
Au printemps 1959 il fonde le Parti nationaliste occitan à Nice. Poursuivi à Nice à la suite de procès pour aide au FLN algérien pendant la guerre d'Algérie il déménage dans les vallées occitanes alpines et s’établi à Fraisse en val Varacha (Frassino, valle Varaita). Après avoir passé 2 ans à établir la frontière linguistique de l’occitan avec le piémontais, il fonde en 1967 le Mouvement autonomiste occitan, Movimento autonomista occitano (MAO) en italien.

Depuis Fraisse, il dirige le PNO jusqu’à sa mort.

 
Pensée politique occitane

L’élaboration de sa pensée est le fruit d’une recherche scientifique. L’essentiel de sa pensée est fixée déjà dans des écrits 8 à 10 ans avant la création du PNO, au début des années 1950. C’est la réflexion sur la décolonisation du Vietnam, du Maroc, de la Tunisie et surtout de l’Algérie qui lui a servi de cadre politique concret. C’est la découverte de la sociologie marxiste et l’étude de la psychanalyse, surtout de l’œuvre de Wilhelm Reich qui le mène à l’ethnisme. Marx comme Wilhelm Reich lui ont fait comprendre l’aliénation profonde de l’humanité et c’est l’étude de la question nationale dans le monde qui l’an mené au nationalisme occitan. L’essentiel de ses idées sont établies quand le professeur Pèire Bec, Pierre Bec, de Cazères près de Roquefort lui fait découvrir l’existence de la langue occitane. Pour Fontan donc, s’il y a une langue spécifique, il y a une nation qui doit se libérer. C’est par logique politique qu’il a fondé le PNO.
 

Principalement, trois courants de pensée l’ont poussé à fonder le PNO. Tout d’abord, la critique de Wilhelm Reich, ensuite la critique du marxisme, et enfin la critique de l’impérialisme.

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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /2008 17:55
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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /2008 17:37


 

...Un état? une nation? un pays? un espace culturel? un mythe?...

Un état, certes non; du moins pas pour le moment.

Une nation, peut-être; si, distincte de l'état, la nation représente un peuple doté d'un fond linguistique et culturel commun et surtout d'un esprit et d'aspirations communes.

Un pays, à coup sûr; entre la Méditerranée et l'Atlantique, des Alpes aux Pyrénées; pays ouvert et de passage que certains ont voulu appeler l'isthme gaulois; pays montagnard aussi surtout, véritable conservatoire de groupes humains et de traditions qui remontent pour la plupart à la plus ancienne préhistoire, préindoeuropéenne.

Espace culturel, incontestablement; celui où se parlait, où se parle encore, bien que très occultée, la chantante langue d'oc, porteuse de mille ans de littérature et qui a été la langue de la poësie pour toute l'Europe, jusqu'en Hongrie, aux 12e et 13e siècles, et qui reste la clef la plus efficace pour aborder les autres langues latines vraies que sont l'italien, l'espagnol, le portugais et le roumain--sans parler du catalan, la langue jumelle, que certains considèrent comme une simple variante de l'occitan, ce qui définirait un vaste complexe linguistique et culturel étendu de Valence du Rhône à Valence d'Espagne, et même au-delà jusqu'à Alicante, et de Bordeaux à Nice, en se moquant des frontières d'état, se répandant dans le Val d'Aran et dans les vallées du Piémont italien, sans compter les îles Baléares, l'Alguer en Sardaigne et Guardia Piemontese en Calabre.

Et il faut savoir que, bien que souvent appelée romane, comme au moyen-âge, la langue occitane est enseignée, entre l'Europe et l'Amérique, dans plus de cent universités et même jusqu'au Japon.

Mythe? Qui sait?... Il y a bien des gens qui disent que l'Occitanie n'existe pas et n'a jamais existé! Et c'est bien là justement le miracle, car sans avoir jamais bénéficié d'aucune structure d'état souverain, en permanence envahi, occupé, soumis, déchiré, asservi, par les Gaulois, les Romains, les Wisigoths, les Francs et finalement par les Français, cet espace occitan, ce pays que l'on pourrait croire virtuel, se dresse éblouissant et plus vrai que s'il était enfermé entre des frontières officielles reconnues de tous.

Concrètement, l'Occitanie représente le tiers sud méditerranéen de l'état français, soit trente-deux départements, sauf les Pyrénées Orientales catalanes et la moitié basque des Pyrénées Atlantiques. Treize à quatorze millions de personnes l'habitent dont huit comprennent la langue occitane, cependant que seulement trois à quatre millions de ces dernières la parlent, sous la forme de l'une de ses six variétés dialectales: gascon, languedocien, provençal, limousin, auvergnat et vivaro-alpin. Il faut leur ajouter, dans l'état espagnol, le Val d'Aran, autonome à l'intérieur de l'autonomie catalane, le seul endroit au monde où l'occitan, dans sa forme gasconne, soit langue officielle, et dans l'état italien, une dizaine de hautes vallées du Piemont, du côté de Coni.

Historiquement, l'espace occitan a été presque de tout temps en opposition avec l'espace français, du fait d'un peuplement différent ou de condtions politiques contraires, déjà dès la préhistoire ou, plus près de nous, avant même la naissance de la langue occitane vers 800-850, avec les cinq tentatives de mise en place d'un royaume d'Aquitaine indépendant des royaumes francs d'Austrasie et de Neustrie, entre 555 et 852.

Cette entreprise indépendantiste fut bientôt reprise par les ducs d'Aquitaine et surtout, à partir de 920-950, par les comtes de Toulouse qui dominaient un vaste territore, d'Agen à Forcalquier, où au contact de la civilisation arabo-andalouse voisine, non seulement s'épanouirent, en premier en Europe, les sciences et techniques héritées par les Perses de l'antiquité grecque, mais où naquit encore l'art poëtique des troubadours qui inventèrent la "fin" amour -- l'amour courtois -- et les vertus qui l'accompagnaient: mesure, largesse, égalité, jeunesse et joie.

Cest dans ce contexte d'ouverture et de tolérance que se developpa l'hérésie cathare qui servit de prétexte à la croisade albigeoise (1209), à la création de l'Inquisition (1229) et à l'annexion par le roi de France des terres de Toulouse (1271) qui devança de beaucoup celle de l'Aquitaine et de la Provence et qui anéantit la civilisation des troubadours.

Sa destinée politique étant stoppée pour longtemps, il restait encore à l'Occitanie une resplendissante vocation culturelle et littéraire, avec trois renaissances avérées dont la dernière, depuis les années 1970 se teinte à nouveau de politique, avec une revendication autonomiste parallèle à une éclosion nouvelle de la chanson, personnifée par Claudi Martí, Rosina de Pèira, Miquèu Montanaro, Jan Maria Carlotti, Jan dau Melhau et bien d'autres. Renouveau aussi du théâtre, illustré par de nombreuses troupes d'amateurs et par les professionnels de "La Carrièra", "La Rampe", "Comèdia dell'Oc", "La Gargamelle" ou la "Comédia Occitana Tolzana." La création d'écoles occitanes -- les calandretas -- et de sections bilingues occitan-français dans les établissements de l'éducation nationale, cependant que paradoxalement la pratique publique de la langue recule.

Un espoir: la signature par l'état français de la charte européenne des langues minorisées et l'entrée dans l'Europe qui obligera sans doûte ce même état à reconnnaître sa diversité linguistique et culturelle.

_______________
Maurici ANDRIEU
est artiste dramatique, historien local, journaliste et l'ancien présenteur des émissions en occitan de la télévision régionale.

 

SE CANTA
Devant ma fenêtre
Il y a un oiselet
Toute la nuit il chante
il chante sa chanson.

REFRAIN
S'il chante qu'il chante
ce n'est pas pour moi
il chante pour mon amie
qui est loin de moi.

Ces montagnes
qui sont si hautes
m'empêchent de voir
où sont mes amours.

REFRAIN

Si je savais où les voir
où les rencontrer
je franchirais l'eau
sans peur de me noyer.

REFRAIN

Hautes, elles sont si hautes!
Mais elles s'abaisseront
et mes amourettes
se rapprocheront

REFRAIN
---------
Qui est auprès de moi





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